Gabyn & Eulaly

 

Etre parents de Jumeaux : une surprise qui mérite d’être accompagnée

Apprendre que l’on attend des jumeaux - vrais ou faux , quelle surprise ! Surprise qui ne laisse personne de marbre. Toujours est-il que face à cette nouvelle, chacun réagit à sa manière avec plus ou moins de sang-froid et d’enthousiasme : « une famille au complet en un seul coup, super ! », «mais comment va-t-on s’en sortir ?»… 

Les rituels du quotidien

L’arrivée de jumeaux perturbe l’équilibre familial. De retour à la maison, les parents font face – souvent de manière abrupte - à la réalité. Au sortir de la maternité, les gestes sont un peu hésitants. Etre parents n’est pas inné. On a beau penser ou dire le contraire, tout le monde apprend sur le tas avec – le plus souvent - comme coachs personnalisés, votre mère assistée par belle-maman. Vous êtes alors projeté dans une nouvelle vie avec un nouvel emploi du temps un chouïa chamboulé.

S’occuper d’un enfant est déjà un véritable don de soi alors prendre en charge toute une armada !!

Et que dire s'il s'agit de JUMEAUX PREMATURES

 

VOICI LE DEBUT DE NOTRE HISTOIRE

 

Notre maman nous a mis au monde à 28 semaines et 6 jours de grossesse le 04 juin 2004. Même si nos parents avaient regardé des reportages à la TV sur des prémas, même s'ils avaient lu des articles sur le sujet, même s'ils avaient été prévenus très sincèrement et très professionnellement par leur gynéco, ils n'en ont pas moins été bouleversés lorsqu'ils ont eu leurs petits, tout petits bébés dans leurs couveuses respectives.

 Les tuyaux, les branchements sur ces petits êtres, ces machines qui font bip bip partout et tout le temps, nos visages émaciés, nos longs bras et nos longues jambes (tout est relatif, nous étions grands mais maigres), le costume à enfiler, le masque à porter, la lumière à supporter, les blouses blanches partout, le manque d'intimité avec leurs propres enfants, l'impossibilité de nous toucher ou si peu, si précautionneusement, en évitant les fils, une main maladroite par la minuscule trappe de visite de la couveuse.  Et puis les "maladies" et autres soucis des prémas, la descente du poids, inévitable mais qui prend un sens totalement différent : pour nous, 100 g de moins, c'est énorme. Le respirateur, l'apnée, l'ictère, les problèmes de digestion, etc...

 

 

 

 

LE RESENTI DE PAPA ET MAMAN :

Mais à côté de cela, une équipe formidable, la possibilité de venir voir nos bouts de chou tout le temps, jour, nuit, un câlin par-ci, un mot tendre par-là, l'impression presque d'être des parents, sans les enfants dans sa chambre et encore moins dans les bras. Essayer de jouer le rôle de mère et de père à travers une vitre, avec des contacts physiques restreints, mais ô combien appréciés.

 

 

 


En temps que parents de préma, nous avons un énorme avantage sur les autres parents qui devrait les faire pâlir d'envie : nous savons, nous, par le taux d'oxygénation affiché sur un écran qui varie, selon leurs émotions, merci les machines, que nos bébés, tout petits qu'ils soient, tout préma qu'ils soient, tout mal en point qu'ils soient, nous savons qu'ils nous reconnaissent. Qu'ils savent que nous sommes les parents, pas la sage femme, pas le gynéco, pas la puéricultrice, pas le pédiatre, ils savent que nous sommes les parents, ils sentent que nous les aimons déjà depuis longtemps, et que nous les soutenons dans leur courageuse lutte pour la vie.

 

 C'est un moment à la fois pénible et riche d'enseignement. Ca nous met le moral à zéro mais nous permet aussi des joies immenses dès la première respiration autonome, le premier fil débranché, le premier bib avalé, les premiers grammes repris. Nous avons juste des références différentes, des angoisses différentes, des joies différentes. C'est tout.